Joseph, selon les Ecritures

Joseph, l’époux de Marie, est précédé dans les Écritures par un autre Joseph qui lui aussi avait des songes et qui lui aussi était juste devant Dieu. Le jeu des résonnances bibliques nous invite à tisser des liens entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

Le songe de Joseph, vitrail de la crypte de la basilique Saint Joseph à Nazareth

Photo: E. Pastore


Cet autre Joseph est un des douze fils de Jacob. Mais il se distingue de ses frères du fait que sa naissance est tout entière attribuée à l’intervention du Seigneur. En effet, sa mère Rachel, l’épouse que Jacob aimait, était stérile. Un jour, parce que Dieu se souvint d’elle, elle enfanta un fils.

Alors Dieu se souvint de Rachel, il l'exauça et la rendit féconde. Elle conçut et elle enfanta un fils ; elle dit : « Dieu a enlevé ma honte» ; et elle l'appela Joseph, disant : « Que le Seigneur m'ajoute un autre fils!» (Gn 30,22-24)

Elle lui donna un nom, dont la signification est évocatrice : Joseph veut dire littéralement « il ajoutera ». Car, elle souhaite que le Seigneur lui « ajoute » encore un autre fils (Gn 30,24). Ce nom prophétique trouvera sa réalisation lorsque Rachel donnera naissance à un deuxième et dernier fils, Benjamin.

Mariage de Joseph et Marie, vitrail de la crypte de la basilique Saint Joseph, Nazareth. Photo: E. Pastore


Néanmoins, il y a peut-être plus encore derrière le sens de ce prénom. Nous connaissons bien les circonstances qui ont conduit Joseph en Égypte et au rang le plus élevé à la cour de pharaon. Alors que la famine ravage toute la terre pendant sept longues années, le peuple égyptien réclame du pain à pharaon. Sa réponse ne se fait pas attendre : « Allez à Joseph et faites ce qu’il vous dira. » (Gn 41,55) Joseph est l’administrateur de tous les greniers d’Égypte. Il sauve l’Égypte. Il a véritablement « ajouté » un surcroît de vie à tous ceux qui l’ont invoqué.


Non seulement Joseph, comme fils d'Israël, sauve l'Égypte, mais il sauve également ses propres frères, ceux-là mêmes qui avaient souhaité sa disparition. Dominant toute soif de vengeance, Joseph leur avait dit :

« Le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien, afin d’accomplir ce qui se réalise aujourd’hui : sauver la vie à un peuple nombreux. » (Gn 50,20)

En plus du don du grain, il y a donc le par-don des frères. Oui, Joseph est vraiment celui « qui ajoute » plus.

Joseph vendu par ses frères. Vitrail de la Sainte Chapelle à Paris


Une autre mention biblique concernant Joseph, fils de Jacob, mérite d'être évoquée. On la trouve dans le livre des Maccabées:

« Joseph, au temps de sa détresse, observa la Loi, aussi est-il devenu Seigneur de l'Égypte. » (1 M 2,53)

Oui, car la fidélité à la Loi de l'alliance, c'est ce qui caractérise l'homme juste en Israël.

Heureux est l'homme qui se plaît dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit !, dit le Psaume 1.
Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; planté dans les parvis du Seigneur, il grandira dans la maison de notre Dieu. Vieillissant, il fructifie encore, il garde sa sève et sa verdeur pour annoncer : « Le Seigneur est droit ! Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! » (Psaume 91,13-16)

C'est d'ailleurs par cette même vertu de justice qu'est sobrement caractérisé le Joseph du Nouveau Testament:

"Joseph, son époux, était un homme juste..." (Mt 1,19)

En définitive, on peut dire que le premier Joseph, le fils de Jacob, donne de la consistance et de l’épaisseur théologique à l’autre Joseph, l’époux de Marie et le père terrestre de Jésus.


Emanuelle Pastore

Statue de saint Joseph à l'entrée de la basilique Saint Joseph, Nazareth

Photo: E. Pastore

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